Entreprise en difficulté : Comment l’expert-comptable peut-il intervenir ?

En résumé : L'intervention de l'expert-comptable face aux difficultés

  • Anticipation des risques : L’expert-comptable détecte les premiers indicateurs d’alerte (dégradation du BFR, retards de paiement de cotisations URSSAF ou de TVA, perte de marge) pour intervenir avant la cessation de paiements.
  • Procédures amiables confidentielles : Accompagnement dans la négociation et la mise en place d’un mandat ad hoc ou d’une conciliation devant le Tribunal de commerce pour obtenir un étalement des dettes en toute discrétion.
  • Procédures judiciaires : Assistance à la rédaction de la déclaration de cessation de paiements (dépôt de bilan) et à la préparation des dossiers de sauvegarde ou de redressement judiciaire.

Faire face à des tensions de trésorerie, une baisse brutale de chiffre d’affaires ou des retards de paiement est une source de stress majeure pour tout dirigeant. Dans ces moments décisifs, l’expert-comptable n’est pas seulement le garant des chiffres : il devient le partenaire stratégique clé pour protéger l’entreprise et son dirigeant.

Les signaux d'alerte : identifier les difficultés avant la crise

L’anticipation est la clé de voûte de la survie d’une entreprise. Un accompagnement comptable régulier permet de repérer les voyants rouges dès leur apparition :

  • L’allongement du besoin en fonds de roulement (BFR) : Vos clients mettent plus de temps à vous payer alors que vos charges fixes restent identiques.
  • Le recours systématique au découvert bancaire : La trésorerie devient négative et génère des agios importants.
  • Les retards de paiement fiscaux et sociaux : Impossibilité d’honorer à temps la TVA, l’impôt sur les sociétés ou les cotisations URSSAF.
  • La baisse irréversible du taux de marge : L’augmentation des coûts de production ou des matières premières n’a pas été répercutée sur vos prix de vente.

Dès que ces signaux apparaissent, l’expert-comptable réalise un diagnostic financier d’urgence pour établir un plan de trésorerie glissant et identifier les leviers d’économie immédiats.

Tableau comparatif des procédures de traitement des difficultés

Selon l’état de trésorerie de votre entreprise (en cessation de paiements ou non), plusieurs cadres juridiques permettent de négocier avec vos créanciers :

Procédure État de cessation de paiements ? Confidentialité Objectif principal
Mandat ad hoc Non 100 % Confidentiel Négocier librement un étalement des dettes (banques, fournisseurs).
Conciliation Non ou < 45 jours 100 % Confidentiel Obtenir un accord homologué avec les créanciers principaux.
Sauvegarde Non Publique (Bodacc) Geler les dettes et réorganiser l’entreprise sous protection de la justice.
Redressement judiciaire Oui Publique (Bodacc) Maintenir l’activité, apurer le passif via un plan de redressement.

 

Les procédures amiables : négocier en toute discrétion

Lorsque les difficultés sont naissantes, les procédures amiables constituent la meilleure solution. Elles se déroulent dans la confidentialité la plus totale : ni vos clients, ni vos concurrents, ni vos salariés ne sont informés.

Le mandat ad hoc

Le dirigeant demande au Président du Tribunal de commerce la désignation d’un mandataire ad hoc. L’expert-comptable prépare l’état de situation passive et active de l’entreprise et assiste le mandataire lors des négociations avec les banques pour rééchelonner les emprunts ou obtenir des abandons de créances.

La conciliation

Accessible si l’entreprise n’est pas en cessation de paiements depuis plus de 45 jours, la conciliation permet d’aboutir à un accord officiel avec les créanciers. L’expert-comptable aide à formaliser le prévisionnel d’exploitation qui rassurera le conciliateur et les tiers.

Les procédures collectives : réorganiser sous la protection de la loi

Si la situation exige des mesures plus radicales pour stopper les poursuites des créanciers, l’expert-comptable vous guide vers les procédures collectives :

1- La procédure de sauvegarde : Elle intervient avant la cessation de paiements. Son principal avantage est de geler les dettes antérieures au jugement d’ouverture, donnant à l’entreprise un répit pour se reconfigurer.

2- Le redressement judiciaire : Si la cessation de paiements est avérée, l’expert-comptable assiste le dirigeant pour effectuer la déclaration de cessation de paiements (remplissage du dossier auprès du greffe dans les 45 jours) et propose un plan d’apurement du passif sur plusieurs années.

 

Comment l'expert-comptable sécurise la responsabilité du dirigeant ?

Au-delà de la survie de la société, l’expert-comptable veille à la protection personnelle du chef d’entreprise.

En vous alertant à temps sur la date limite de la cessation de paiements (délai de 45 jours), il vous évite de commettre une faute de gestion susceptible de déclencher une interdiction de gérer ou une comblement de passif sur vos biens personnels.

Faites faire un bilan de santé financière à votre entreprise

Face aux difficultés, l’isolement est le pire ennemi du chef d’entreprise. Notre cabinet d’expert-comptable à Paris 14 vous apporte une analyse objective, en toute confidentialité, pour mettre en place les mesures de sauvegarde adaptées.

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